Bio

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Résumé

Je m’intéresse au changement social par l’art, la culture et le patrimoine. Deux de mes piliers sont d’ancrer mes films dans le réel et de documenter des histoires humaines avec une touche participative. Je crée tout particulièrement avec les jeunes, les artistes du patrimoine vivant (folklore!, TRAD) et les groupes sociaux. Je souhaite un cinéma documentaire pour et par les adolescents.es. J‘ai choisis de valoriser la création documentaire auprès d’eux.elles pour les amener à découvrir leur sensibilité artistique et humaine en devenant des acteur.trice.s de leurs propres réalités. 

Ma pratique artistique croise le cinéma direct, le cinéma documentaire social, musical et d’intervention sociale. La culture vidéo influence ma démarche par le biais de la pratique du remix, une technique qui se rapproche du cinéma de récupération d’archives. Ma filmographie accorde une place importante à la musique traditionnelle. J’ai abordé la musique au cinéma comme un objet culturel, un outil de changement et une matière expérimentale. J’aspire présentement à un maillage de techniques expérimentales et documentaires pour aborder l’univers vivant et actuel du patrimoine. Cette réflexion implique l’exploration des formats et des nouvelles écritures pour transposer ma pratique artistique avec l’art web et le hors mur.

Depuis la pandémie, j’ai entamé une démarche de professionnalisation de ma pratique indépendante et de mes capacités de collaboration avec les artistes. Après seize ans à Montréal, je me suis installée à Rimouski dans le Bas-Saint-Laurent pour être en contact au quotidien avec des thèmes qui m’habitent. Mon nouveau territoire me permettra d’explorer mieux le patrimoine maritime à travers la mémoire collective, l’éducation populaire, le développement régional et l’inclusion sociale. Par le fait même, j’espère contribuer à la conception d’un cinéma régional qui inclut la voix des jeunes. 

 

Je suis passionnée par le cinéma documentaire indépendante depuis ma découverte du film Marron la piste créole en Amérique d’André Gladu en 2006. Depuis, la musique a toujours été au coeur de ma filmographie indépendante pour explorer la tradition et la modernité. Je m’y suis d’abord intéressé comme objet culturel et comme outil de changement social. Mes deux premiers films ont été des longs métrages ethnographiques sur la musique traditionnelle au Burkina Faso. Par la suite, j’ai pris conscience du pouvoir du cinéma par des oeuvres de Fernand Dansereau et de Manon Barbeau. J’ai réalisé des projets à Montréal avec des groupes communautaires, des jeunes, des écoles et des musiciens.nes burkinabè et québécois.es. Ma démarche sociale et mon approche d’observation sont devenues plus participantes et dynamiques. 

Au fil du temps, je me suis concentrée à documenter le milieu de la musique traditionnelle à Montréal et dans ses environs comme cinéaste par des films et comme vidéaste par la création de contenus numériques. En fréquentant cet univers, j’ai appris le violon traditionnel. Cette pratique a transformé mon rapport au son au cinéma. Mes intentions sonores sont plus développées qu’auparavant. Elles sont impliquées aussi dès le début du processus de création. 

Aussi, dans mon exploration du changement social par l’art, j’ai cultivé une attention particulière aux réalités jeunesses. Le cinéma ayant été un moteur de changement depuis mon adolescence, j’ai beaucoup travaillé à l’éducation à la création, à l’enseignement du cinéma  et à l’intervention sociale par l’art auprès des jeunes. Enfin, je continue à marcher dans les traces de mon inspiration première. Dans les dernières années, j‘ai eu la chance de travailler avec André Gladu sur ses films Matawinie : la rencontre des eaux  (4 films, 2016)L’esprit du violon trad  (4 films, 2020)Excusez-là! (2021) et L’autre bout du monde (2021). Je souhaite à tous les cinéastes de pouvoir côtoyer, apprendre et partager sa passion avec un maître complice. Je tente à ma façon de transmettre cette éducation traditionnelle de l’apprenti.e aux jeunes que je rencontre grâce au cinéma.

En confinement, je me suis beaucoup questionnée sur ma pratique en cinéma direct et d’intervention sociale. Cette pause m’a permis de jouer autrement avec le cinéma. Depuis la pandémie, mes intérêts ont évolué vers la recherche d’un nouveau plaisir esthétique. 

Comme cinéaste, j’alimente constamment une approche en documentaire d’intervention sociale. Ce genre de cinéma a émergé du projet Société Nouvelle à l’Office Nationale du Film (ONF) dans les années 70s. Il fait du cinéma avec les gens et non seulement sur eux. Mon cheminement académique sur la logique intime de la culture en interaction avec ma démarche artistique de cinéaste m’a permis de développer diverses formes de participation. Des expériences professionnelles dans les milieux du communautaire et de l’innovation sociale m’ont permis d’explorer l’éducation populaire et la réappropriation citoyenne des technologies. 

J’ai découvert le remix en travaillant chez Communautique autour de la notion des (biens) communs. Le remix est une technique d’édition audio qui origine du mouvement de la musique techno. Elle permet de créer une nouvelle œuvre à partir d’une œuvre existante. L’originale peut être transformée par des ajouts, des altérations et des effets. En production vidéo, j’ai rencontré ce terme dans l’art web et numérique avec les licences libres Creatives Commons. Elles favorisent le développement de cette libre pratique par l’organisation des œuvres libérées par des artistes. En cinéma, je retrouve plusieurs de ces principes dans la récupération et la réemploi d’archives. La différence dans l’approche du film expérimental et documentaire est certainement le lien préservé ou coupé avec le contexte de l’archive. Le remix me permet de me questionner sur les similarités et les différences entre le cinéma et la musique. 

Dans le futur, je veux que ma relation à la musique traditionnelle m’inspire à jouer avec la matière cinématographique comme la musique improvisée. Cette aspiration à un maillage entre le documentaire, l’animation et l’expérimental reste donc connectée à la musique. Elle transforme mon approche artisanale en des processus de recherche-création organisés sur la création de sen, la notion de récit, les raccords, l’altération visuelle et sonore et l’itération dans la création.

Maintenant Rimouskoise, j’aspire aussi à créer des ponts entre deux routes parallèles dans ma pratique : le patrimoine et les réalités jeunesses. Je m’intéresse à comment l’écopsychologie explore les interactions entre l’identité et l’environnement pour travailler sur ce qui les entoure (le réel en cinéma) et sur ce que cela représente dans leur vie (imaginaire, besoin, rêve, etc.).

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